Publications récentes

printempsJacques YVER, Le Printemps d’Yver, édité par Marie-Ange Maignan, en collaboration avec Marie Madeleine Fontaine, Genève, Droz, « Textes Littéraires Français », 2015, clii et 757 pages.

Texte de présentation : « Le Printemps d’Yver, œuvre unique de Jacques Yver, fut publié une trentaine de fois de 1572 à 1600, traduit en anglais dès 1580, et réédité une seule fois, en 1841, par P. Lacroix. La présente édition redonne à ce grand texte son état originel avec les variantes et corrections nécessaires, en même temps qu’elle restitue son auteur, mort à 24 ans peu avant la parution du Printemps. Sous Charles IX, pendant les guerres civiles, cinq jeunes gens se réunissent cinq jours dans un château poitevin autour d’une « dame », et racontent chacun une « histoire ». Décor, dialogues et récits assurent à l’entreprise romanesque un caractère plus homogène et complexe qu’il n’y paraît. Inspiré notamment par ce qu’ont écrit Ronsard et Belleau avant 1572, Yver lie étroitement prose et poèmes et invente une « belle langue » aux registres très variés, au service d’un ensemble savamment composé: il lui importait de livrer avec humour les doutes et les inquiétudes d’un jeune gentilhomme sur les hasards tragiques de l’amour, le suicide, l’amitié, la guerre, la géopolitique, préfigurant parfois Montaigne, son aîné. Par ses connaissances et ses goûts multiples, le Printemps contribue à créer une réflexion nouvelle sur les arts de représentation et les plaisirs de la musique et de la danse. Par ses intrigues et sa langue, l’œuvre sert durablement de modèle en France et en Angleterre ». Résumé et bulletin de commande (en pdf).

balsamoJean Balsamo, L’amorevolezza verso le cose Italiche. Le livre italien à Paris au XVIe siècle, Droz, 2014.

Texte de présentation : « Des Rime d’Amomo (1535) aux oraisons funèbres sur la mort de Henri IV (1610), les imprimeurs-libraires parisiens publient une centaine d’ouvrages en langue italienne. Cette production, élaborée pour l’essentiel par des Italiens de l’entourage royal et des italianisants français, illustre la protection que les rois de France, depuis François Ier, portaient aux lettres italiennes et la contribution de celles-ci à la célébration monarchique, à l’agrément de la vie mondaine, à l’élaboration des savoirs et des arts. Par ses auteurs, ses textes et ses thèmes, elle se distingue des livres en langue italienne publiés tant en Italie que dans d’autres centres éditoriaux, mettant en évidence l’originalité de l’italianisme de la cour de France au XVIe siècle. Cette production est recensée et décrite en détail pour la première fois, dans le cadre du projet de recherche franco-allemand Eurolab, consacré au développement et à la confrontation des langues vernaculaires au début de l’époque moderne ».

Ce volume est issu du projet Eurolab. Dynamique des langues vernaculaires dans l’Europe de la Renaissance. Acteurs et lieux. Dynamik der Volkssprachigkeit im Europa der Renaissance. Akteure und Orte. Ce projet franco-allemand ANR-09-FASHS-027 cofinancé par l’ANR et la Deutsche Forschungsgemeinschaft, qui a réuni une cinquantaine de chercheurs européens entre 2010 et 2013, a été co-dirigé par Elsa Kammerer (Lille 3 – ALITHILA) et Jan-Dirk Müller (Ludwig-Maximilians-Universität de Munich). Il a donné lieu à une nouvelle série aux Editions Droz (Genève), intitulée De lingua et linguis. Langues vernaculaires dans l’Europe de la Renaissance. Europäische Volkssprachen in der Renaissance. Les cinq autres volumes de la série doivent paraître en 2015-2016.

alexandre_dir_gaullier_bougassasLa fascination pour Alexandre le Grand dans les littératures européennes (Xe-XVIe siècle). Réinventions d’un mythe, dir. Catherine Gaullier-Bougassas, Brepols publishers, Turnhout, 2015, 4 volumes, 2572 pages (collection « Alexander redivivus », 5).

Texte de présentation : « Cet ouvrage est la première étude d’ensemble du corpus européen médiéval sur Alexandre le Grand, de l’Espagne à la Russie, de la Grande-Bretagne à la Grèce byzantine.

La destinée d’Alexandre le Grand est à l’origine de l’un des mythes historico-littéraires qui a joui de la plus remarquable diffusion dans le temps et dans l’espace. Dans ce champ d’investigation très vaste, l’objet des trois premiers tomes de notre ouvrage n’est pas d’étudier la naissance de l’écriture sur le Macédonien, mais d’analyser comment la transmission et la réécriture des textes antiques en Europe, à partir du Xe siècle et jusque dans la première moitié du XVIe siècle, sont à l’origine d’une floraison d’œuvres littéraires qui montrent la création d’une figure médiévale et renaissante d’Alexandre, à la fois une et multiple. Le corpus choisi s’inscrit donc dans une longue durée – six siècles et demi– et il prend en compte les littératures de l’Europe occidentale (médio-latine, française, italienne, hispanique et aljamiada, hébraïque, anglaise, allemande, néerlandaise et scandinave) et celles de l’Europe orientale (slaves, avant tout tchèque, serbe et russe, byzantine avec son développement arménien). La nécessité s’impose en effet de dépasser les frontières entre les langues et les littératures, pour comprendre le sens des réinventions du mythe d’Alexandre à l’échelle du continent européen. Nos recherches ont permis d’analyser les modalités et les ressorts de cette effervescence créatrice sans précédent autour du souvenir d’Alexandre, de comparer les couleurs spécifiques de chacune des littératures européennes et de mettre au jour leurs interactions, en lien avec la naissance d’un vaste espace littéraire européen.

Le quatrième tome de notre ouvrage constitue un répertoire des principaux textes du corpus européen sur Alexandre, qui rassemble les données factuelles les plus importantes sur chacun d’entre eux, notamment la liste des épisodes narrés, les manuscrits conservés, les éventuelles traductions, adaptations ou continuations, et la bibliographie.

Cet ouvrage, réalisé par une équipe internationale et pluridisciplinaire de dix-sept chercheurs littéraires et historiens, dans un programme sélectionné par le Contrat Plan État Région (CPER), puis par l’Agence nationale de la recherche française (ANR), est la première étude d’ensemble du corpus européen médiéval sur Alexandre le Grand, de l’Espagne à la Russie, de la Grande-Bretagne à la Grèce byzantine.

Ouvrage publié avec le soutien de l’Agence nationale de la Recherche (ANR-O9BLANC-0307-01, projet CREAMYTHALEX), de la Région Nord Pas de Calais (CPER 2009-2010), de la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société – MESHS (USR 3185), du CNRS et de l’Université de Lille 3.

Catherine Gaullier-Bougassas, ancienne élève de l’École Normale Supérieure, est professeur de langue et de littérature médiévales françaises à l’Université de Lille 3 et membre de l’Institut universitaire de France. Elle a publié de nombreuses études sur Alexandre le Grand et sur l’Orient dans la littérature française médiévale ».

jmcolard_publicationJean-Max Colard, Une littérature d’après – « Cinéma » de Tanguy Viel, Dijon, Les Presses du réel, collection « L’espace littéraire », 2015.

Texte de présentation : « Véritable coup de force littéraire, le roman Cinéma publié en 1999 par l’écrivain Tanguy Viel consiste en la réécriture du dernier film du cinéaste hollywoodien Joseph L. Mankiewicz, Sleuth (Le Limier, 1972), vu et revu par un spectateur obsessionnel et monomane.
Cette étude monographique propose de voir dans ce petit chef-d’œuvre littéraire le symptôme d’une certaine condition de la littérature contemporaine. Un siècle après l’avènement du 7e art, où en est la littérature dans sa relation au cinéma ?
Maître de conférences, Jean-Max Colard (né en 1968) enseigne la littérature contemporaine à l’université de Lille 3. Egalement critique d’art et commissaire d’expositions, il est notamment responsable de la page arts des Inrockuptibles ».

decout_ecrire_la_judeiteDecout Maxime, Écrire la judéité. Enquête sur un malaise dans la littérature française, Seyssel, Champ Vallon, « Détours », 2015.

Texte de présentation : « Il est depuis toujours un élément qui, lorsqu’il vient à l’esprit des uns et des autres, déclenche les réactions les plus contradictoires, allant de la haine à l’empathie : la judéité.

Or l’histoire de notre littérature, lorsqu’on la contemple dans le miroir de notre société et de son Histoire, étonne sur ce point par l’ampleur du phénomène. De Céline à Barthes en passant par Sartre, le Juif fait figure d’élément dérangeant, inquiétant, prescrivant les défoulements ou les refoulements les plus divers. Car cet outsider rappelle tout un chacun à une vigilance nécessaire face aux représentations stéréotypées, aux désinformations et aux idéologies partisanes qui continuent de nous menacer. C’est dans ce cadre qu’on comprend mieux ce que fut l’écriture pour Perec, Gary, Cohen, Wiesel, Modiano, mais aussi Duras ou Blanchot. La judéité aura été pour eux une épreuve et un défi, un garde-fou contre les débordements de l’Histoire, tout comme une nécessité de réinvention de soi et de l’œuvre.

À l’heure où les tensions identitaires augmentent, où la mémoire des camps est suspectée d’abus et de monopoles, où l’antisémitisme revient en force, il semble ainsi nécessaire de se retourner sur les relations singulières, faites de partialité, de silence ou de fantasme, entretenues entre la judéité et la littérature, si l’on ne veut pas céder aux cécités les plus indéracinables, aux illusions les plus gratuites, aux excès les plus dangereux, dont notre société est aujourd’hui encore la proie.

Né en 1979, Maxime Decout réside à Lyon où il a passé une thèse consacrée à Albert Cohen, après des études à l’Ecole vétérinaire et un doctorat de médecine vétérinaire. Il est actuellement maître de conférences en littérature française des XXe et XXIe siècles à l’Université Lille III. »

orientalismeClavaron Yves, Picherot Emilie et Schweitzer Zoé (dir.), Orientalisme et comparatisme, PU Saint-Etienne, (CELEC – Collection « Voix d’ailleurs), 2014.

Texte de présentation : « Mettre en relation les concepts d’orientalisme et de comparatisme conduit à se poser la question des intéractions entre les deux champs d’études : en quoi l’orientalisme peut-il faire évoluer l’approche comparatiste ? Dans quelle mesure la méthodologie comparatiste peut-elle informer les études orientalistes ? En élargissant le champ de l’orientalisme de l’Espagne mauresque à la Chine, en passant par le Proche et Moyen-Orient et l’Inde, l’ouvrage se propose d’examiner comment la littérature comparée, discipline souvent inquiète et encline à scruter et questionner ses objets, peut faire « bouger » l’orientalisme que Said présente comme figé et trouver dans ce type d’études post-coloniales et globalization studies nouent de nouveaux rapports entre Orient et Occident ».

pouvoirCastellani, Marie-Madeleine et McIntosh-Varjabédian, Fiona (dir.), Représenter le pouvoir – Images du pouvoir dans la littérature et les arts, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, (Comparatisme et Société / Comparatism and Society), volume 28, 2014

Texte de présentation : « Point d’ancrage de la réflexion théorique dans le domaine de la philosophie de l’histoire, la question de la représentation du pouvoir se lit au travers de la littérature et des arts qui témoignent de son évolution et de ses enjeux. Les articles réunis ici vont de l’époque médiévale française aux réalités coloniales du Sud-Est asiatique, de l’art aristocratique des jardins aux expositions les plus contemporaines.

L’ouvrage, conçu dans une perspective transdisciplinaire, rassemble des spécialistes internationaux (littéraires, philosophes, sociologues et historiens de l’architecture et des arts) ».