Romancières sous la Deuxième République et le Second Empire

Colloque international organisé par les équipes « Patrimoine Littérature Histoire » (composante « Littérature et herméneutique ») de l’Université de Toulouse le Mirail et TELEM de l’Université Bordeaux 3.

Bordeaux, 12 – 14 mai 2011

Responsables scientifiques :
Andrea Del Lungo et Brigitte Louichon

Programme

En mars 2009, s’est tenu à Toulouse un premier colloque « La littérature en bas-bleus », consacré aux romancières sous la Restauration et la Monarchie de Juillet1. Ce travail collectif a permis d’analyser l’émergence de la figure nouvelle de la femme écrivain, ainsi que de réévaluer la foisonnante production des « bas-bleus », largement oubliée de nos jours, et déjà dépréciée à cette époque où le territoire romanesque, dévolu aux femmes dans les décennies précédentes, se voit progressivement et massivement investi par les auteurs masculins.

Ce deuxième colloque entend poursuivre son exploration de la littérature romanesque féminine du XIXe siècle, et contribuer ainsi à une histoire genrée du roman, se focalisant cette fois sur la période entre 1848 et 1870, moment crucial de consécration du genre romanesque qui confirme sa démocratisation progressive au cours du siècle, sans empêcher pour autant la recherche et l’élaboration de nouvelles formes.

À l’époque de Flaubert, Hugo, Barbey, à l’aube du naturalisme, qui sont les romancières ? Quels sont leur place et leur statut ? Comment les femmes s’inscrivent-elles dans l’univers d’une littérature – largement – « industrielle » ? Quels sont les genres romanesques qu’elles privilégient ? Quels sont les publics visés ?

Dans la continuité du premier colloque, il s’agit de poursuivre la mise au jour de ce pan oublié de l’histoire littéraire. Nombreuses sont en effet les romancières dont nous ignorons tout ou presque. Il est nécessaire de mener à bien ce travail afin de proposer une histoire de la littérature en phase avec la réalité des archives qui sont à notre disposition.

L’analyse des œuvres en lien avec celle des conditions de production de la littérature romanesque permettra de cartographier le champ littéraire romanesque en tenant compte du poids de la presse et de l’émergence de littératures dédiées à des publics spécifiques. On donnera ainsi toute sa place aux études des genres romanesques didactiques et plus particulièrement à la littérature de jeunesse, dont la comtesse de Ségur semble la seule représentante à avoir traversé le temps.

Les études d’ordre poétique pourront observer les multiples formes et les différents genres que propose l’écriture féminine, à une époque où le roman-feuilleton et le roman populaire font florès, et où la forme romanesque semble pouvoir servir tous les propos.

Les études d’ordre sociologique permettront d’observer comment le roman féminin participe du déchiffrement de la société, dans l’observation et la connaissance d’une réalité historique, quelle vision idéologique il en donne, et en quoi celle-ci relève – ou pas – d’un point de vue genré.

La réflexion sur la réception des œuvres permettra de poser la question des lectorats et du jugement de valeur et de s’interroger donc, dans une perspective de sociologie de la lecture, sur les raisons du succès, à l’époque, et de l’oubli successifs de l’œuvre de plusieurs romancières.